Histoire de la discipline

Dès 3600 avant J.C, on trouve en chine le premier programme d’exercices physiques avec ou sans charges additionnelles, sous les CHOU (1122-248 avant J.C) les tests haltérophiles sont inclus dans l’examen d’entrée de l’armée.

Dans l’Egypte ancienne, l’activité haltérophile était présente comme en témoignent les fresques du mur de Beni Hassen illustrant des soulevés de pierre.

Certains racontent que BYLON soulève au-dessus de sa tête pierre de 143kgs qui a été exhumé à Olympie. Si ces soulevés n’entrent pas au programme des Jeux, en revanche la musculation entre

dans la préparation des athlètes.

Les débuts furent laborieux, notamment en France. Vers 1882 naissaient en Allemagne les premières associations, avant que ne se crée à Roubaix la Fédération Athlétique du Nord, qui devait contrôler des compétitions sur les mouvements suivants : le développé, l’arraché, l’épaulé jeté à un et deux bras, le dévissé, la volée d’un bras et le bras tendu.

En 1896 l’haltérophilie figure aux jeux olympiques, les premières compétitions de 1903 à 1910 comportent un nombre différent de mouvements allant jusqu’à dix-sept. Ce n’est qu’en 1913 que Jules ROSSET, bon lutteur et leveur de poids, fonde la fédération française des poids et haltères. Charles RIGOULOT, légende de l’haltérophilie fut champion des mi-lourds en 1924.

A partir de 1972, le développé était retiré des épreuves. Les athlètes commençaient à pousser avec les jambes ou se cambrer ce qui rendait difficile l’arbitrage et mettait en danger les pratiquants. Il ne restait donc plus que deux exercices, l’arraché et l’épaulé-jeté.

Les premiers championnats du monde féminins virent le jour en 1987 mais ce n’est qu’à partir des Jeux Olympiques de 2000 que la compétition fut ouverte aux athlètes féminines.

 

 

 

 

Fondements de la discipline

4 principes d’actions fondamentaux définissent l’haltérophilie :

 

-vaincre une inertie : il s’agit de mobiliser une charge, l’action de vaincre une inertie consistera donc à produire une force suffisante à la réalisation d’un mouvement. Comme d’autres paramètres entrent en jeu, il faudra déterminer si un échec dépend d’un manque de force.

-imprimer une trajectoire : de manière générale on parlera de trajectoire rectiligne, mais pour faire corps avec la barre la trajectoire ressemble plus à un auto grandissement, nous devons bouger selon la trajectoire de la barre a ne pas confondre avec faire bouger la barre dans notre trajectoire.

-générer des accélérations : on distingue deux accélérations distinctes, du sol jusqu’à la position fondamentale : le tirage, puis ralentissement dans la transition : stabilisation, puis accélération franche au point de puissance : chute sous la barre. Les générer c’est les réaliser, l’objectif est d’obtenir le timing optimal.

-maintenir un équilibre : il faut conserver l’équilibre dans le polygone de sustentation afin d’assurer une bonne trajectoire de barre lors du tirage et de la réception tout en maintenant des accélérations efficaces.

 

 

 

Règlementation

1ère compétition de Romain Colomiers Novembre 2021

2018 Modification de catégories de poids de corps à 10 pour les hommes et les femmes et 7 pour les J.O.

– 55, 61, 67, 73, 81, 89,96, 102, 109, + 109kg masculins

– 45, 49, 55, 59, 64, 71, 76,81, 87, +87kg féminines

Pesée : elle débute deux heures avant le match et dure une heure.

Présentation : 15 minutes avant le début du match les concurrents sont présentés au public, selon l’ordre de la feuille de match.

 

Règles de passage : la charge la plus légère est appelée en premier. Un premier essai passe avant un second, lui-même avant un troisième en cas de charge identique. A égalité de charge et d’essai on suit l’ordre de la feuille de match. Sinon, c’est celui de la plus grosse progression.

Temps de passage : une fois la barre chargée l’athlète dispose d’une minute. Deux minutes en cas de passage successif.

Changement de barre : il est interdit de baisser la charge demandée si la barre est déjà chargée. La confirmation du changement doit intervenir dans les 30 secondes suivant l’appel de l’athlète. Il doit intervenir avant le bip des trente dernières secondes.

Progression : la progression est de 1kg minimum entre chaque essai.

Mi-temps : un délai de 10 minutes est accordé entre l’arraché et l’épaulé jeté

Résultat : Le vainqueur par catégorie est l’athlète qui a réalisé le total le plus élevé aux deux mouvements, le meilleur des trois essais de chaque exercice entrant seul en ligne de compte. En cas d’égalité, l’avantage est donné au plus léger des concurrents. A égalité de poids de corps, c’est l’athlète ayant réalisé le premier le total qui l’emporte.

En général, on commence l’échauffement spécifique (le général commence bien avant) 15 à 20 essais avant son appel. En étant attentif à la feuille de match, et si on connait les adversaires (on peut regarder aussi leurs résultats sur les listings précédents de la fédération), on peut commencer à étudier différents scénarios concernant les changements de barres, le nombre d’essais qu’aura l’athlète entre ses propres essais donc le temps d’attente, les conditions de victoire etc…. Mais cela ne reste que spéculatif car la dynamique d’une compétition est variable, il faut se préparer à des imprévus. Tout cela pour permettre d’amener son athlète dans les meilleures conditions sur le plateau. La partie stratégique de l’entraineur est une part non négligeable dans la réalisation de la performance.

Les fautes techniques :

-extension incomplète des coudes en fin de mouvement

-extension des coudes suivie de leur flexion en fin de mouvement

-pause lors de la phase d’extension

-non alignement des pieds

-l’athlète sort du plateau avec la barre

-la barre est reposée hors du plateau

-la barre est reposée derrière l’athlète

-la barre décolle après la fin du temps imparti

-un 3eme appui (en plus des pieds) est constaté

-les coudes touchent les genoux lors de l’épaulé

-l’athlète se voit refuser l’accès au plateau pour non-respect de la tenue à porter

-l’athlète se voit refuser l’accès au plateau pour temps imparti écoulé

-le jury revient sur la décision des arbitres

-la barre a été injustement chargée

 

Les mouvements

L’haltérophilie est donc composée de deux mouvements :

L’arraché

L’haltérophile soulève la barre au-dessus de la tête bras tendus en un seul mouvement.

La barre est placée horizontalement devant les jambes de l’athlète.

Celui-ci doit l’agripper, les mains en pronation et la tirer d’un seul mouvement, du plateau jusqu’au bout des bras tendus au-dessus de la tête.

La barre doit longer le corps d’un mouvement ininterrompu, sans qu’aucune autre partie que les pieds ne touchent le plateau.

Le poids soulevé doit être maintenu immobile, bras et jambes tendus, pieds alignés, jusqu’au signal de replacer la barre sur le plateau.

Le retournement des poignets ne doit s’effectuer que lorsque la barre a dépassé la tête de l’athlète.

L’athlète se redresse aussitôt qu’il le peut, en plaçant les pieds perpendiculairement au tronc et à l’haltère.

Le signal doit être donné aussitôt que l’athlète est immobile de toutes les parties de son corps.

 

Epaulé jeté

L’haltérophile soulève d’abord la barre jusqu’aux épaules, se redresse, puis jette la barre à hauteur de bras au-dessus de sa tête.

La barre est placée horizontalement devant les jambes de l’athlète.

Celui-ci doit l’agripper, les mains en pronation et la tirer d’un seul mouvement du plateau jusqu’aux épaules.

Durant ce mouvement ininterrompu, il est permis que la barre glisse le long des cuisses, cependant elle ne doit pas toucher la poitrine avant la position finale, alors qu’elle repose sur les clavicules.

L’athlète se redresse dès qu’il le peut en plaçant les pieds alignés.

Le jeté constitue la deuxième partie du mouvement : l’athlète fléchit les jambes et effectue une poussée avec les jambes puis les bras afin d’amener la barre au bout des bras, tendus verticalement au-dessus de la tête.

Le poids soulevé doit être immobile, bras et jambes tendus pieds alignés, jusqu’au signal des arbitres de replacer l’haltère sur le plateau.

Le signal des arbitres doit être donné aussitôt que l’athlète est immobile de toutes les parties du corps.

 

Analyse de l’Haltérophilie

C’est une habileté réalisée en milieu stable et prévisible et c’est également une activité discrète car le début et la fin de l’action sont bien identifiés. L’haltérophilie fait appel à de nombreuses qualités athlétiques et psychologiques.

L’haltérophilie nécessite 5 qualités nécessaire à son optimisation d’après Renaud Le chevalier (cadre technique placé auprès de la FFHM) :

-La force : elle peut se décliner en sous parties : la force maximale (capacité à vaincre la plus grande résistance sans contrainte de temps), La force vitesse (capacité à vaincre une résistance avec la plus grande vitesse de contraction possible), la force explosive (capacité de produire une contraction importante de manière brève et instantanée). En haltérophilie les deux dernières seront primordiales, même s’il faudra améliorer la force maximale.

-la vitesse : faculté à exécuter les actions motrices dans un espace de temps minimal

-la souplesse : ensemble de qualités permettant de réaliser des mouvements de grande amplitude et nécessitant une bonne élasticité des structures musculaires, ligamentaires etc…

-la coordination : capacité à réaliser un mouvement grâce à l’action d’un ou plusieurs groupes musculaires avec un coût énergétique le plus bas possible : efficience

-la concentration : capacité à se centrer sur les informations utiles à la réalisation de la tâche, sans se laisser perturber par des émotions ou envahir par le stress.

Filière énergétique : anaérobie alactique : les efforts sont d’intensité maximale et ne durent que quelques secondes, la récupération est quasi complète (la récupération atteint quasiment 3 min, les 2 min réglementaires plus le délai avant de charger la barre suivante si l’athlète se succède à lui-même, voire plus si l’entraîneur utilise ses deux changements de barre. C’est une stratégie utile si c’est un athlète qui a besoin de beaucoup récupérer entre deux barres, exemple : les catégories les plus lourdes)

Ce sont donc les fibres rapides qui seront le plus sollicités

Au plan biomécanique : le but est réaliser une triple extension hanches genoux chevilles accompagnée par un haussement d’épaules afin d’élever la barre à l’arraché, à l’épaulé et au jeté afin de pouvoir passer dessous et la réceptionner en flexion totale des articulations des membres inférieurs à l’arraché et à l’épaulé et au jeté( si c’est un jeté à la chinoise, sinon en position fente), en conservant au maximum l’extension du rachis dans le mouvement afin de préserver l’intégrité physique de l’athlète et de permettre le transfert optimal de la puissance des membres inférieurs à la barre et en gardant les membres supérieurs actifs dans le passage sous la barre afin d’aider au maintien de celle-ci. On voit ici l’intérêt d’avoir une musculature du dos renforcée afin de limiter les risques de blessure et une technique efficiente.

Régime de contraction : en grande partie concentrique (pliométrique lors du réengagé des genoux et au jeté, excentrique lors de la réception de la barre, isométrique pour les muscles posturaux lors du maintien de la barre au-dessus de la tête).

L’aspect psychologique dans la discipline est important. Il faut être capable de performer dans un instant bref et précis avec seulement 3 tentatives. Cette performance demande une forte concentration, confiance en soi, la gestion du stress et des émotions. Medvedyev, ancien champion d’haltérophilie à notamment énoncé l’importance de l’aspect psychologique en le nommant : « fighting qualities ». L’haltérophilie exigera une détermination et un mental fort.

L’haltérophilie présente un travail prédominant dans le plan sagittal, et accessoirement dans le plan frontal. La trajectoire verticale de la barre dans les deux mouvements olympiques impose au corps de suivre l’axe longitudinal (excepté dans le jeté fente qui donne également lieu à un déplacement suivant l’axe antéro-postérieur). Cependant le corps humain peut s’apparenter à une chaine cinétique, c’est-à-dire à un ensemble de chainons (muscles et articulations) attachés les uns aux autres pour fonctionner comme une chaîne continue et permettant le mouvement. Afin de créer ce mouvement, nos muscles et articulations travaillent de manière coordonnée par le biais du système nerveux.

Dominante des deux mouvements : force vitesse

Dominante arraché : technique

Dominante épaulé jeté : force

 

Conclusion

L’haltérophilie est une discipline qui permet d’être relativement complet sur le plan athlétique.

Seulement, un complément d’entrainement d’endurance vasculaire est nécessaire pour pallier a ce manque de travail de la filière aérobie.

La course à pied, ou le vélo peut être combiné à l’haltérophilie pour être entièrement complet sur le plan des qualités physiques.

Ce sport est utilisé en préparation physique pour sa polyvalence et sa rapidité de développement des qualités physique.

L’haltérophilie est un sport qui permet de se renforcer mais également d’améliorer sa concentration notamment avec l’ultra technicité des mouvements.

 

 

 

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